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Jean-Paul DESGOUTTE
Première partie
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"Pauvre Jo, ni beau, ni laid !" |
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Promenade généalogique ascensationnelle |
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de Paul DESGOUTTE (1915)
à Béraud de BEAUJEU (915)
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jean-paul.desgoutte©arpublique2015
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La Goutte d'Amplepuis
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Avant-propos
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MÉMOIRES DE GUERRES _________________________________________________________
" De mon passé et de mon avenir "
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PARIS
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82, boulevard Saint-Michel

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Blesle, le 12 juin 1906 Mon bien cher Ami, Je viens
de recevoir votre lettre : et mon premier mouvement est tout de honte
Non à cause du fait même de la lettre, non par suite
de la bonne charité qu'elle m'apporte il y a trop de
temps que je n'ai à compter que sur la charité, et étrangère
!! mais parce que jusqu'ici, j'ai eu la triste force de rester
inerte à toutes vos sollicitations, pourtant si bonnes, pour
avoir un mot de moi. Et voilà que cela ne vous a point indisposé
contre votre vieux professeur
de grammaire ! C'est donc qu'en
notre milieu d'oubli, il reste encore quelques mémoires fidèles
et des curs non oublieux. Non, et peut-être vous souvenez-vous
que dans mon trop pauvre enseignement, je cherchais à vous
précautionner contre : l'exagération toujours porte
du faux ; non, je ne dois pas exagérer : si, là-bas
où j'ai vécu 38 ans, presque toute ma vie, toute ma
vie religieuse et active, j'ai vu se former l'oubli, c'est que j'y
ai prêté, puisque je n'ai rien fait ni dit pour l'empêcher
ou le dissiper. Et je ne saurais trop admirer ceux qui comme vous,
mon bien cher Desgoutte, veulent bien penser à moi. |
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Après une visite de trois semaines, le professeur de grammaire adresse à Claudius sa lettre de château :
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Blesle, le 31 juillet 1906
Mon bien cher
Desgoutte,
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Les bascules automatiques
A la fin du XIXe siècle, une balance destinée à peser les personnes, en place dans le jardin du Luxembourg depuis déjà plusieurs années, connaît un succès auprès des usagers. En pleine vogue de recherche de salubrité et d'hygiène publiques, cet engouement s'explique autant par le plaisir de découvrir son poids que par les prescriptions des médecins |
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Brioude, le 11 janvier 1907 Je
vous arrive l'échine pliée, la contenance basse,
à la main mon épreuve ci-jointe
; plutôt,
je ne vous arrive pas, je viens, pour moi, égoïstement !
Seulement, pardon, de mon long silence, un peu forcé, il est
vrai, - lequel pourtant vous n'avez pas pris trop en mal, puisque vous,
vous n'avez pas fait comme moi, mais avez-vous bien voulu venir me toucher,
me secouer à diverses reprises
(Envois divers). Et c'est
bien toujours là, votre bonne, charitable, chrétienne
" divine " nature
Grand merci ! Tout vôtre Et je fais ma lettre de Bonne Année d'avance ! à Maman et aux enfants ! Je languis d'avoir le loisir d'en envoyer une plus longue. D'ici là, peut-être, les feuilles seront au jardin du Luxembourg, Juliette ? Je ne sais pas où vous avez mis Pierre et Honoré, à Montaigne ? Quand vous m'écrirez, vous me fixerez sur 83 ou 84 du bd Saint-Michel : ce doit être 84
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Brioude, le 1er novembre 1907 Mon bien cher Claudius Et
voilà ce que sont et comment les choses de ce pauvre monde !
Je vous ai attendu quelque peu à Brioude, me promettant, ayant
besoin de me promettre tant de choses de quelques heures passées
avec vous ; j'ai voulu, pendant ces deux mois de tristes vacances, souvent
vous écrire, de Brioude, de Blesle
et tout cela finit par
ce quelques mots d'aujourd'hui qu'il me faut vous envoyer à la
suite de la lettre de faire-part qui m'est arrivée ce matin !
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Claudius hérite de
son père 25.000 francs (près de 100.000 euros 2008) et
autant à valoir sur l'usufruit de sa mère au moment même
où la compagnie belge " Le Sauveur " dépose
son bilan. Claudius est nommé séquestre lors de la liquidation
de la dite société, en 1908. Il semble qu'une part au
moins de l'héritage paternel soit alors consacrée à
l'indemnisation des actionnaires floués par des associés
belges peu scrupuleux.
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NOGENT-SUR-MARNE |
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En janvier 1909, il rejoint
Lyon pour créer avec François Gentil, son beau-frère,
époux de Catherine Bonniol, une société pour le
commerce de denrées alimentaires à Villeurbanne, rue des
Charmettes. La société est dissoute le 31 décembre
1909.
VILLEURBANNE Produits alimentaires " Vins et cafés "
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Paris, le 2 avril 1913
Chers parents, |
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Honoré, qui n'a encore que 18 ans, a tôt fait de suivre les traces de son aîné. Il s'engage lui aussi dans l'armée, à Dijon, au 27ème d'Infanterie.
Fort
la Motte Giron, le 1er mai 1913 C'est pas de la soupe,
c'est du rata, Alors, sur ce, nous
allons manger. Deux grandes gamelles rappliquent sur la table, l'une
qui contient la soupe et l'autre la viande qui est passable lorsque
ce n'est pas ce qu'on appelle du singe ou de l'ours.
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Grenoble (1914)
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La déclaration de guerre trouve Claudius installé à Grenoble. Mobilisé à la caserne de Genas (dans le Rhône), il doit renoncer provisoirement à développer sa nouvelle affaire pour rejoindre Lyon où il demeurera jusqu'au mois de mai 1915. La mort, sur le front, de ses fils, Honoré et Pierre (en 1914 et 1917) puis la naissance de Paul (en 1915), ponctuent ces années tragiques (voir Lettres de guerre de Pierre et Honoré, op.cit.). À la fin de la guerre, Claudius cède son agence de Grenoble à MM. Janel et Guinard, clercs de notaire. Par l'entremise, sans doute, de son cousin Rousseau, fabricant de choucroute, il est alors recruté comme directeur commercial d'un fabricant de boîtes de conserves de Cholet où il s'installe, en famille, rue des Bons Enfants, jusqu'en 1925.
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Maisonneuve, le 30 mars 1919
Cher
Monsieur,
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Paul Desgoutte à La Baule en 1923
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Juliette épouse en janvier 1922 Charles Arnault, architecte à Cholet, et donne naissance à Françoise (1922), Charles (1925) et Rosette (1928). Marie-Louise BONNIOL décède d'un cancer à la clinique Saint-Louis d'Angers le 25 janvier 1925 et le 20 juillet 1925 a lieu un inventaire de ses biens en présence de Jean-Claude Desgoutte, son ex-époux et de Juliette Desgoutte, sa fille, épouse Arnault, " agissant en qualité de subrogée-tutrice des deux mineurs Desgoutte, ses frère et sur, fonction à laquelle elle a été nommée et qu'elle a acceptée au terme de la délibération du Conseil de famille desdits mineurs, tenue sous la présidence de Mr le Juge de Paix du Canton de Cholet le 14 février 1925 ". On ne sait rien des raisons qui ont présidé à la convocation du Conseil de famille ici mentionné mais le procès-verbal de l'inventaire rend compte indirectement du conflit qui opposait manifestement le père et sa fille (et/ou son gendre):
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Le 15 août 1925 Marguerite fait connaissance, à Lyon, de Louis Thomasset, placier de l'entreprise de soieries de son oncle Benoît pour le compte de qui son père Claudius a lui aussi repris du service Elle l'épouse le 19 avril 1926. Au printemps 1926, Claudius quitte définitivement Angers pour Lyon où il crée, en association avec Maurice CHALEON, une (nouvelle) société d'assurances. Cholet,
le 27 avril 1926 Après le 30 écris-moi et dis-moi l'adresse de ton appartement, si tu en as trouvé un. Cholet,
le 3 juin 1926 [Sur la même lettre] Cher
papa, Mon
papa chéri, Cholet, le 9 juin 1926 Mon
cher papa, Cholet, le 23 juin 1926 Mon cher
papa,
La maison Arnault à Cholet
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Le 7 juillet 1926, à la mort de leur mère Marie Plumet, Jean-Claude et Benoît se partagent son héritage de 450.000 francs (soit environ 125.000 euros chacun). Claudius s'installe à Vaise, dans la maison paternelle, rue Saint Simon, en décembre 1926. Paul le rejoint bientôt à Lyon où il entre au pensionnat Saint-Louis (1927-1930). Puis la famille Thomasset (Louis, Marguerite et Marie-Claude) s'installe également dans la maison familiale de Vaise (1928). |
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La fête au Méridien
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Il s'interroge sur les origines de la famille Desgoutte et s'adresse au père du général Degoutte qu'on célèbre alors [avec Mangin] comme le vainqueur de l'ultime bataille de la Marne pour explorer d'éventuelles parentés.
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Le général Degoutte (1866-1938), dit " le Chinois ", est originaire de Charnay en Beaujolais. C'est un soldat brillant et atypique dont la carrière s'est déroulée au Maroc, à Madagascar et en Chine. Nommé général lors du premier conflit mondial, il conduit avec Mangin l'ultime offensive alliée et commande l'armée qui, avec le roi Albert 1er, libère la Belgique. Chargé par Clémenceau de superviser les articles militaires du traité de Versailles, il dirige ensuite le corps d'occupation de la Ruhr puis planifie la prolongation de la ligne Maginot dans la zone alpine. La branche familiale dont il est issu a vécu plus de trois siècles au lieu dit le Paradis de Belmont, à Charnay. Léonard de la Goutte, ancêtre commun, à Benoît, Claudius et Jean-Marie-Joseph, vivait à Saint-Forgeux au début du 16ème siècle (voir infra). |
Jean-Marie Joseph Degoutte |
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LES GRANDES FIGURES DU BEAUJOLAIS Jean-Marie-Joseph DEGOUTTE, brillant sur tous les fronts par Louis MANGER
" Jean Degoutte est né à
Charnay le 18 avril 1866 dans une famille aux solides racines beaujolaises.
Ses parents le mettent en pension au lycée de Bourg où
il fait montre d'une vive intelligence, d'une avidité d'apprendre
et d'un goût marqué pour les langues. Il termine son cycle
secondaire avec les titres de bachelier en lettres, en sciences et en
droit et envisage alors de préparer Normale supérieure.
Mais il doit se libérer de ses obligations militaires. Il s'engage
donc, en 1887, au 30° régiment d'artillerie il est affecté
comme " élève trompette ". Rapidement, son colonel
découvre la valeur de sa nouvelle recrue et l'invite à
réfléchir sur une éventuelle carrière dans
l'armée. Degoutte se range finalement à cette idée.
Il prépare l'Ecole militaire spéciale de Saint-Cyr, y
entre en 1888, 206° sur 450 admis, et, deux ans plus tard en ressort
9° des 437 élèves composant la promotion Grand Triomphe. |
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"On était alors fort embarrassé pour ravitailler la colonne légère envoyée sur Tananarive..."
[p.c.c. Hergé : Tintin au Congo] |
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" On était alors fort embarrassé pour ravitailler la colonne légère envoyée sur Tananarive. Il n'existait pas de route et, sur des chemins détestables, les moyens de transport employés jusque-là avaient fait faillite. Notre permissionnaire se fait fort, grâce à sa connaissance de la langue et du pays, de recruter une colonne de porteurs indigènes, et par ce moyen de résoudre le problème. Le voilà embauché. Commandant d'étapes à Marololo, point terminus de la navigation fluviale, sa mission consiste à faire décharger les chalands et pousser leur contenu vers l'avant. Le pays sakalave est malsain, la mortalité est grande pour les Européens, incapables d'un travail fatigant. Degoutte recrute trois cents porteurs ; comme il lui faut un chef pour les diriger, il s'empare d'un poste hova, et le commandant de ce poste, accoutumé à se faire obéir des Sakalaves, devient son dévoué et précieux auxiliaire. Dès lors, le ravitaillement se fait normalement... "
" Rentré en France, [Degoutte] est reçu à l'École de guerre, mais à la fin de sa première année d'études, la campagne de Chine lui offre une nouvelle chance de services de guerre. Justement le général Bailloud est pourvu d'un commandement dans le corps expéditionnaire et le réclame. Le général Langlois, qui commandait alors l'École, accepte de faire une exception en sa faveur, et le voilà parti de nouveau.
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"La campagne de Chine lui offre une nouvelle chance de services ..."
[p.c.c. Hergé : Le Lotus bleu]
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" D'abord officier d'ordonnance du général Bailloud, on le voit galopant à fond de train sur de petits chevaux chinois derrière les chevaux de pur-sang de son infatigable chef. Il se montre aussi apte aux missions de commandement qu'au service des étapes. Il organise un service de renseignements avec les catholiques chinois. A la tête de détachements de chasseurs d'Afrique ou de cavaliers auxiliaires chinois, il enlève, sabre au poing, des fortins défendus par les rebelles. Lorsque vient le moment de marcher en force contre les Boxers, l'autorisation arrivée tardivement aux troupes françaises leur impose un jour de retard sur la colonne allemande. Degoutte, à l'avant-garde, ne se contente pas de rattraper ce retard, il arrive au lieu de rassemblement fixé bien avant ceux qui croyaient nous avoir devancés. Il s'y donne même la satisfaction, ayant à son habitude tout parfaitement organisé à l'avance, de fournir aux Allemands le pain frais et le vin dont ils sont dépourvus. À son retour de Chine, Degoutte accomplit sa dernière année d'études à l'École de guerre. Il sert ensuite dans divers états-majors, en particulier à Alger où il retrouve le général Bailloud, puis il commande un bataillon dans les Alpes. Mais maintenant, -nous sommes en 1911 et Degoutte est commandant-, c'est au Maroc qu'on se bat. Il demande et obtient d'être envoyé, en qualité de directeur des étapes, à Casablanca. Il met alors à profit sur une plus large échelle son expérience de Madagascar. Au moment de l'expédition de Fez, le corps expéditionnaire a été porté de 6 à 30 000 hommes. Ce sont des effectifs considérables à ravitailler sur de longs parcours. Grâce à une organisation et à une méthode qui sont des modèles, Degoutte accomplit sa tâche avec un plein succès.
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"La situation menace de devenir critique, lorsqu'on voit déboucher Degoutte..."
[p. c. c. Hergé : Le crabe aux pinces d'or]
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Un
petit incident surgit à point pour convaincre le général
Lyautey que son directeur des étapes sait également agir
hors de son bureau. Le général avait décidé
d'aller sans escorte en automobile pousser une pointe dans une région
peu sûre et dépourvue de piste praticable. Degoutte essaie
de l'en dissuader, -peine perdue. |
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" Août 1914 : la guerre. Degoutte est chef d'état. major du 6° corps d'armée. En novembre, il est promu colonel et, début 1916, général avec le commandement de la division marocaine. En septembre 1917, il est placé à la tête de la VIè Armée. Dans tous ces emplois, l'officier met profit ses qualités et savoirs de grand chef militaire. Il y joint de rares vertus de cur dont les manifestations lui valent une quasi vénération de la part de tous ses subordonnés, jusqu'aux plus humbles. " Général Weygand, " l'Illustration " n° 4993 (1938).
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Aix la Chapelle |
Le général Degoutte devant le tombeau de Charlemagne
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" Après l'Armistice, le général est nommé commandant des forces d'occupation en Rhénanie. Au fil des jours, il constate de plus en plus de violations aux conditions du Traité de Versailles et cela sans réaction du gouvernement, Il prévoit les conséquences graves, à terme, de ce laxisme les événements lui donneront, hélas, raison. Impuissant à y parer, il demande à être relevé de son commandement. Il rentre alors à Paris et se consacre aux travaux du Conseil supérieur de la Guerre jusqu'à sa retraite, en 1931. " Louis Manger, op. cit.
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Benoît découvre également (sans doute aux archives départementales du Rhône) un certificat de noblesse délivré par d'Hozier à un seigneur Joseph des Goutte de Longeval, de Saint-Just d'Avray. La famille des Gouttes de la Salle est originaire de Montrottier (proche d'Affoux) où Étienne et Jean des Gouttes sont notaires en 1359 et 1401 (descendants de Geoffroy, seigneur de la Goutte, docteur ès droits, + avant 1364, cf. infra). Étienne est châtelain de Chamousset en 1431. Jacques des Gouttes de la Salle (+1579), notaire, acquiert en 1569 la baronnie d'Yzeron d'Antoine d'Albon, archevêque de Lyon que l'on retrouvera plus loin. Il revendique, avec succès (1549), que soit reconnue la noblesse de sa lignée (voir d'Herbigny, 1783 et Chérin 95, op. cit. et infra).
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Bonne des Gouttes, fille de Jacques, épouse
le 10 juillet 1548 Jean de Montd'or, fils d'Antoine et Barbe de Sarron.
Dans le contrat de mariage le père de Jean donne à son
fils " la faculté de porter, le jour de l'Ascension, le
cornet de Roland ".
La cérémonie du cornet d'ivoire a duré jusqu'en 1562 où l'abbaye fut entièrement détruite par les protestants. Le cornet fut déposé en 1769 dans le trésor de l'église Saint-Jean... Jacques des Gouttes, qui semble s'être beaucoup enrichi dans le métier de notaire, a souhaité reconstituer, pour ses enfants, le patrimoine ancestral. Il s'est porté acquéreur du fief de la Salle (en Jarez ?), de la baronnie d'Yseron à l'occasion d'un arrangement avec Antoine d'Albon, archevêque de Lyon (voir infra), des châtellenies de Longeval (St-Just d'Avray) et de la Presle (Champoly) auprès de Zacharie de Rébé toutes propriétés qui, d'une façon ou d'une autre, rappellent l'âge d'or des seigneurs de la Goutte (voir plus loin)...
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Lyon, le 4 février 1931, Ma bien chère Juliette, Ta bonne
lettre est bien celle que j'attendais, c'est-à-dire, elle prouve
une fois de plus ta profonde affection pour ton papa à l'occasion
d'un des événements les plus importants de son existence.
Lyon, le 8 mai 1931, Ma bien chère
Juliette, Ma chère
petite Iette, Lyon, le
15 mai
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Deverre et Giron droguistes |
Librairie Guyot
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La succession de Claudius
Desgoutte s'est ouverte le 28 juin 1931 entre ses trois héritiers
: Juliette, Marguerite et Paul. La répartition,
reportée à la majorité de Paul, ne sera effective
qu'en 1938, peu avant le mariage de Paul. Le partage attribuera 110.000
francs (soit 35.000 euros environ) à chacun des héritiers
après une sévère mise au point du notaire
de la famille (Me Berger) sur la façon dont ont été
gérées et établies les écritures afférant
à la minorité de Paul ! Peu avant
sa mort, sans doute, Claudius a rassemblé dans les deux
cantines de ses fils aînés
un ensemble de documents, lettres, photos,
papiers, contrats, emprunts russes, médailles, sabre de cavalerie,
etc. comme autant d'énigmes que son fils cadet Paul a soigneusement
conservées sans y toucher toute sa vie.
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Lyon, le 13 avril 1932 Chère Juliette, Je te remercie de ta longue et bonne lettre,
plus elles sont longues, plus il me semble que je m'approche de Cholet.
Tout d'abord, je tiens à féliciter de toutes mes forces
mon cher beau-frère Charles de sa décoration qui l'élève
encore (si l'on peut dire). Lyon, le 27 avril 1932 Lyon, le 6 mai 1932 Décès de Benoît Desgoutte, le 15 mai 1932.
Lyon, le 1er juin 1932 Lyon, le 16 juin 1932 Lyon, le 6 juillet 1932 Lyon, le 13 juillet 1932 Lyon, le 20 juillet 1932 Lyon, le 3 août 1932 Chère Juliette, cher Charles, Je viens de recevoir ta gentille lettre
et je m'empresse d'y répondre. Je vous remercie tous, tout d'abord,
des photographies qui sont très bien réussies et qui vont
prendre la place sur mon bureau dès que je rentrerai rue ranklin.
Je vous remercie ensuite des 25 francs qui sont presque trop parce que
vous avez déjà fait tant pour moi que je suis vraiment
touché de ces marques de profondes affections qui soyez-en sûrs
sont partagées peut-être pas de la même manière
car je ne suis malheureusement pas assez fortuné pour vous le
rendre mais aussi vive. Ne voyez pas en ma dernière lettre une
demande d'argent mais simplement un rendement approximatif et justificatif
de comptes. Lyon, le 25 août 1932 Chère Juliette, Cadeau Étienne 35 Je t'assure que je n'ai rien fait d'extraordinaire. Embrasse pour moi Françoise, Lolo et Charles. Lyon, le 31 août 1932 Chère Juliette, |
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Mariage d'Etienne Gentil
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Lyon, le 5 octobre 1932 Chère Juliette Lyon, le 13 octobre 1932 Lyon, le 20 octobre 1932 Lyon, le 11. 11. 1932 Chère Juliette, Lyon, le 21.11. 1932
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Lyon, le 2. 12. 1932 Voici la reproduction du texte :
Nouvelle séance dimanche prochain.
Seulement nous ne pouvons pas jouer par suite de la procession des hommes
à Fourvière, la séance est reportée au dimanche
11. A part cela, rien de nouveau, monsieur Guyot est toujours content
de moi. Je compte sur la place de premier commis pour le mois d'avril.
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Trois sagesses du Vieux Wang |
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Lyon, le 9. 12. 1932 Lyon, le 17. 12. 1932 Lyon, le 29. 12. 1932 [La liquidation des Soieries Benoît Desgoutte voit Louis et Marguerite Thomasset s'installer à Valence où ils ont acquis de la société en liquidation l'ancienne Maison Médail. Ils envisagent de faire venir Paul auprès d'eux et peut-être de l'embaucher dans leur nouveau commerce.] Lyon, le 3.3.1933 Lyon, le 21.3.1933
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Charles, Rosette et Françoise Arnault |
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Lyon, le 28.3.1933
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Suite au déménagement de la famille Thomasset de Lyon à Valence, il est décidé que Paul rejoindra sa sur Juliette à Cholet. On lui trouve un travail de commis à Angers.
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Angers, le mardi 6 juin 1933 Angers, le 16 juin 1933 Angers, le 28.6.1933
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[Il semble que Paul ait fait partie du service d'ordre du Congrès eucharistique national d'Angers qui a rassemblé, du 5 au 9 juillet 1933, 200 000 participants dont 1.500 bénévoles.]
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Angers, le 1/2/34
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Angers, le 12/7/34 Chère Juliette,
cher Charles, Dimanche dernier j'ai
été faire du tennis avec ma cavalière et son amie.
Le soir, j'ai été à la pêche avec monsieur
Forestier, à Bouchemaine, nous avons pêché un brochet
de 1kg 350. L'animal m'a sérieusement mordu (je parle du brochet). |
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Angers, le 27/8/34 Angers, le 19/9/34 Chère Juliette, Angers, le 18/10/34 Angers, le 3/5/35 Angers, le 4/8/35 Voici enfin la liste de mes recettes et dépenses qui s'établit comme suit :
Je ne sais pas si à Cholet vous avez
entendu parler de la chaîne de prospérité lancée
par monsieur Mandel. De toute façon vous n'aurez qu'à
lire attentivement le papier que je vous envoie. Vous verrez que vous
pouvez toucher 23.437 francs et même si vous ne touchiez que 2
ou 3 billets de mille, ce ne serait pas à dédaigner. À
Angers j'ai des camarades qui ont reçu 3.000 f et ils continuent
à en recevoir. Angers, le 3/9/35 Vichy, le 11 septembre 1935 |
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Angers, le 23/9/35 Angers, le 9/10/35 Angers, le 3/11/35 400 de fixe + 558 de prime Le tirage de la loterie nationale ayant
lieu ce soir, je me suis offert une participation portant le numéro
: 0980873.. Angers, le 3/11/35 Alboussière, le 17 août 1936 Chère Juliette, Je pense bien souvent à vous tous.
Surtout, ne te tracasse pas pour moi, ma mine est superbe. Je grossis
à vue d'il et mon moral est excellent. Valence, le 18 août 36 Chère Juliette, Cavalaire, le 9 septembre 1936 Chère Juliette, |
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La plage de Cavalaire
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Fort de Vincennes à suivre...
DEUXIÈME PARTIE LE POIDS DE LA TERRE
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