|
3. O. INTRODUCTION
Si en 1966, par exemple, lorsqu'il
s'agissait de former des "moniteurs" comme on disait
alors, le fait de parler de linguistique appliquée suscitait
des résistances très fortes (car cela modifiait
l'image que chaque enseignant - salarié ou bénévole
- avait de l'enseignement), aujourd'hui le contexte a changé:
personne n'oserait plus. refuser cet aspect technique des choses...
On a vu la même évolution, à partir de 1968,
en ce qui concerne, par exemple, la sociologie... Il était
difficile de la faire admettre car vite on butait sur des analyses
qui de près ou de loin (et à notre avis de loin
plutôt que de près) touchaient au domaine politique
; cela divisait les enseignants, l'école étant
pour beaucoup d'entre eux un lieu neutre. Il n'en est plus de
même aujourd'hui, nombreuses sont les associations et
les enseignants qui tiennent un discours en termes d'exploitation
et d'échange inégal.
Linguistique, sociologie et économie
politique... voilà que le champ théorique des
"cours d'alphabétisation" s'élargit:
en 1972, au moment où, sous l'action conjuguée
de la législation sur la Formation continue et de l'impulsion
donnée par le ministère de l'Éducation
nationale, la "puissance publique" décidait
d'évaluer l'utilisation des subventions accordées
et leur efficacité, on effectuait un nouveau bond en
avant dans l'extension du champ théorique : on parlait
d'ethnographie et même d'anthropologie. La " différence"
était proclamée, on ajoutait foi à un certain
nombre de recherches ou suggestions émanant de techniciens,
et il était désormais question de remettre en
cause l'action uniformisatrice de l'école, par le respect
des cultures étrangères.
Sans qu'ils soient encore la majorité,
on peut dire qu'un grand nombre d'enseignants aujourd'hui s'interdisent
de comparer en situant les cultures en présence sur une
échelle allant de "non-évolué"
à "évolué". On fait profession
de respecter et valoriser les cultures d'origine.
Voilà donc le champ théorique
de la migration totalement balisé, et bien balisé
croyons nous : techniques linguistiques, techniques d'animation
; contexte politique, économique et sociologique dans
le pays de production; analyse ou tout au moins information
des réalités culturelles et socio-économiques
dans le pays d'origine ; mise en valeur de la différence.
Mais ce qui est frappant, à nos yeux, c'est que tous
les courants idéologiques, politiques et sociaux, toutes
les institutions, privés ou publiques, tous les appareils
idéologiques tiennent désormais ce langage technique
à propos de la migration : si bien que, tout le monde
parle bien des mêmes choses et qu'une chatte n'y retrouverait
pas ses petits.
Nous en voulons une seule preuve,
qui montre que le processus langagier que nous avons rappelé
n'est pas terminé : la psychiatrisation de la migration
est imminente. Un certain nombre d'organismes proches du pouvoir
politique et de l'Université sont en train de mettre
en lumière, à la suite de mouvements d'extrême-gauche,
un nouvel aspect de la migration : pathologie somatique, mais
aussi pathologie psychologique ; congrès et communications,
articles et recherches sur contrats deviennent nombreux, même
si pour le moment ils n'atteignent que des cercles restreints
de spécialistes et de "décideurs" administratifs.
Il est vrai qu'il existe une pathologie de la migration tant
somatique que mentale ; il est probable que ce mode d'approche
pourra permettre une synthèse à un niveau différent
des éléments économiques, sociologiques
et anthropologiques ci-dessus; mais dans le mouvement de banalisation
et d'idéologisation du phénomène migratoire
gageons que d'ici quelques années, toute institution,
tout enseignant parlera de la santé mentale des migrants.
Et ce sera le nouvel avatar de la méconnaissance qui
recouvre le phénomène migratoire lui-même
et qui l'exclut.
Nous-mêmes nous ne sommes à l'abri ni de ces modes,
ni de ces récupérations ; comme tout le monde
désormais dit ce que nous disons (comme nous disons,
réciproquement, ce que dit tout le monde), il nous reste,
pour marquer ce que nous croyons être la différence
de nos pratiques, à rappeler qu'aucun langage ou aucune
technique scientifique ne remplacera la globalité de
la relation de l'animateur au groupe. Cette qualité de
relation n'est pas un don tombé du ciel, mais pour l'enseignant,
quel qu'il soit et quoi qu'il enseigne, elle est le produit
desa volonté d'écoute et de la remise en question
de son système de valeurs, de son idéologie propre,
de son savoir, etc.
3.1. LES ETRANGERS CONNAISSENT
DEJA LE FRANÇAIS
Notre pédagogie et le matériel
didactique dérivent d'une longue connaissance du terrain
:
- les cours (qu'ils soient bénévoles,
de quartier, en usine... ou organisés dans le cadre de
la Formation permanente) ;
- les lieux d'habitation des étrangers : bidonvilles,
quartiers foyers…
Le plus souvent les travailleurs étrangers qui fréquentent
les cours du soir vivent en France depuis un an, parfois beaucoup
plus, comme si ce laps de temps leur était indispensable
pour organiser leur vie, la recherche d'une amélioration
des moyens de communication venant ensuite. Dans le cadre de
la Formation permanente, quand ils sont salariés des
petites ou moyennes entreprises, leur temps de présence
en France est nettement plus important, entre trois et cinq
ans. Par conséquent non seulement ils comprennent le
français, mais ils le parlent.
Certes, il y a beaucoup à dire sur les formes que prend
cette parole (cf. chapitre 1), mais la constatation s'impose
: les étrangers communiquent et agissent à l'intérieur
de l'espace du pays de production, et cette communication, que
sa forme soit bonne ou non, est efficace, puisqu'elle permet
salaire, logement, plaisir… De cette constatation initiale dérive
le moyen pédagogique choisi : la discussion. Il s'agit
de remodeler le français, qu'ils utilisent déjà,
soit en renforçant leurs acquis. soit en corrigeant leurs
erreurs.
Si l'on prend comme cadre de référence
le stade "langue parlée", pendant les séances,
les étrangers parleront entre eux et avec l'animateur.
La discussion portera d'abord sur des sujets non impliquants
comme la télévision, la cuisine ou le jeu de dominos…
et, au fur et à mesure que la connaissance réciproque
se développera, elle touchera des choses qui leur tiennent
bien plus à cœur : la famille, le pays, le travail. .
. Au cours de ces échanges (d'abord dialogues avec l'animateur,
mais qui avec le temps se transforment en discussions de groupe),
l'animateur écoute et n'intervient pas pour "compléter"
l'information.
La pratique scolaire habituelle, qui vise à l'acquisition
de notions nouvelles, entraîne un exposé magistral,
où l'élève doit écouter ce qu'il
ne sait pas ; cela amène à se conformer à
un certain modèle social.
Notre pratique, qui part du fait que l'adulte étranger
sait déjà (plus ou moins bien), vise en revanche
:
- la reformulation de ce qu'il veut dire de son expérience
(l'animateur fait une correction formelle, il n'intervient pas
sur le fond). C'est la phase initiale du cycle (60 heures) ;
- la relance et l'autocorrection, où la créativité
est stimulée au-delà des interventions de l'animateur
qui invite à parfaire sans reformuler lui-même,
mais en renvoyant le groupe à sa propre capacité
d'autocorrection. C'est la deuxième phase du cycle (60-120
heures).
3.2. L'AUTO CORRECTION
Nous distinguons deux moments dans le stade " langue parlée
" :
- le premier palier où il s'agit d'obtenir l'expression
la plus spontanée possible et de favoriser les relations
de groupe;
- le deuxième palier, où il est désormais
possible de reformuler cette parole collective, par l'autocorrection.
Naturellement, l'appel à
l'autocorrection n'est pas absent du premier palier : mais il
devient central dans la deuxième partie du cycle. Le
processus est le suivant : pendant la discussion, l'animateur
est attentif à la fois au contenu et à la forme.
Quand il entend une erreur de forme, pertinente par rapport
au seuil de sortie visé, il demande à la personne
de s'autocorriger ;
- dans le cas où elle ne le peut pas, il fait appel au
groupe ;
- il reformule lui-même seulement en dernier ressort (pour
les détails, cf. chapitre 5).
Ce procédé didactique,
qui est aussi un choix pédagogique, appelle la réflexion
de la personne sur sa production. Souvent cette réflexion
permettra une autre formulation, pour éviter la difficulté,
preuve, s'il en était besoin, que le locuteur pense à
ce qu'il fait, et qu'il réagit en fonction de l'interlocuteur.
Dès lors on peut considérer les trois stades comme
une loupe grossissante, qui permet de mieux voir la situation
de réelle confrontation sociale à travers la parole.
Didactiquement (même si l'automatisme des performances
conformes est long à venir et si leur acquisition requiert,
pour certaines règles mineures, de longues années
de présence en France), l'étranger sait très
vite, par les appels sonores ou même les mimiques de l'animateur,
qu'il doit, dans une sorte de retour en arrière, s'interroger
sur les derniers mots qu'il vient de prononcer et les modifier.
Cela à tous les stades, mais
bien évidemment de façon différente pour
chaque cycle, dans la mesure où l'autocorrection approche
le seuil de sortie spécifiquement visé.
|
Nous distinguons tout au
long de l'ouvrage :
1 le niveau de la pédagogie, qui dérive
d'une analyse sociologique et linguistique sur le terrain,
basée sur la relation à l'autre à
travers la discussion des expériences vécues
et des pratiques des étrangers;
2 le niveau de la méthodologie, qui est le choix
des techniques à employer en accord avec les
choix pédagogiques;
3 le niveau de la didactique, qui est le moyen d'exercer
une pratique en se servant de supports compatibles avec
les deux points précédents.
|
Nous réservons le terme de stade à notre construction
méthodologique, au discours théorique. En revanche
le terme de cycle est employé dans les exemples quand
nous faisons référence à des réalisations
avec des groupes particuliers.
Méthodologiquement et sans
trop croire à cette belle régularité, on
peut voir trois étapes dans le processus d'autocorrection
:
- l'impossibilité d'y parvenir (cette phase est
très rapidement dépassée par l'effet de
groupe au moins dans sa composante " honte, gêne
. . . ") ;
- la reformulation avec énoncé différent
(et pas forcément plus simple), qui peut aussi être
inspirée par les performances des autres:
- l'autocorrection qui parvient à prendre en compte
l'erreur spécifique.
Dans la pratique, pour obtenir ce
retour réflexif sur soi avec reformulation, il suffit
des deux premières semaines du cycle : le temps de saisir
les codes et les rituels (cf. chapitre 5). Mais pour obtenir
des performances conformes qui prennent en compte l'erreur spécifique,
il faudra naturellement le temps de maturation du premier palier
du stade.
Remarquons-le : l'autocorrection à l'instigation de
l'animateur n'est pas encore la consolidation (autocorrection
spontanée) ; pour obtenir qu'une personne qui a fréquenté
le stade "langue parlée" utilise spontanément
les reformulations suggérées, il sera souvent
nécessaire qu'elle ait aussi suivi les deux stades suivants
avec leur ancrage à l'écriture-lecture. Au-delà
des seuils de sortie spécifiques de chaque stade qui
suivent un découpage "scolaire" de la langue,
l'autocorrection est liée à son utilisation sociale
; celle-ci comporte :
- la capacité de se corriger à partir d'une
remarque (verbale ou mimique) de celui qui écoute,
- la capacité de choisir le niveau de langue adapté
à l'interlocuteur et à ses attentes dans le
contexte de communication. Il faut longtemps pour y parvenir.
Un cycle de formation basé
sur la discussion est par définition le lieu pour ces
deux types d'entraînement. Dans ce cycle, les étrangers
sont entraînés à s'ajuster aux réactions
de l'animateur; il importe que celui-ci explicite alors la démarche
que l'étranger fait déjà spontanément:
à l'extérieur, quand il parle par exemple avec
le chef du personnel, l'étranger se surveille et se guide
sur les réactions de l'interlocuteur. Mais hors du cycle
de formation, les mimiques ne sont pas aussi codifiées
que celles de l'animateur. Dans ce cas, si l'interlocuteur ne
manifeste pas devant une performance non conforme, c'est qu'il
la supporte : soit parce qu'elle n'empêche pas la communication,
soit parce qu'elle renforce la distance sociale. Il est donc
opportun d'expliciter aussi cela pendant les séances,
en pratilquant la discussion.
Ne pas oublier les performances conformes. En mettant
si fortement l'accent, ici, sur l'autocorrection, on semble
privilégier l'erreur, laperformance non conforme au système
de' la langue. En fait les étrangers (cf. chapitre 1)
produisent aussi des performances conformes, qu'il faudra relever
plus souvent même que les erreurs. C'est à partir
des pans du système linguistique déjà bien
constitués qu'il est possible d'étendre de proche
en proche un maniement réfléchi de la totalité:
il faudra donc vérifier que l'énoncé conforme
de Monsieur Un Tel est utilisé par tous; éventuellement
il faudra le faire acquérir, par un tour de table (cf.
chapitre 5).
AUTOCORRECTION OU SEUIL D'IRRÉVERSIBILITÉ
?
Nous préférons
parler d'autocorrection, concept issu d'une expérience
dynamique relative à la personne, à sa
parole et à ses pratiques sociales, plutôt
que de seuil d'irréversibilité, comme
cela se fait souvent, en termes de langue.
Par seuil d'irréversibilité - lié
à la méthodologie des moyens audiovisuels
-, les enseignants qui emploient ces méthodes
avec les étrangers entendent habituellement deux
choses :
- par rapport à la qualité : ce qu'il
faut savoir pour manier les structures de base de la
langue (préalablement inventoriées donc)
afin qu'après formation les étrangers
ne reviennent pas au niveau des (faux débutants
), ayant oublié ce qu'ils auront appris au bout
de six ou douze mois ;
- par rapport à la quantité (mais qualité
et quantité sont liées) ; le nombre d'heures
de formation nécessaires pour que ce seuil soit
atteint. Ainsi, par exemple, on se demande combien d'heures
de laboratoire de langues sont nécessaires pour
obtenir une correction durable, irréversible,
de la prononciation : 20, 40, 80 heures ?
Sur ces questions se greffent celles du matériel
didactique à produire et de la méthodologie
d'utilisation. De l'efficacité des " programmes
" dépend naturellement l'évaluation
des enseignants eux-mêmes (réussissent-ils
ou non ?) avec toutes les retombées administratives,
financières et en dernier ressort politiques,
que l'on peut imaginer.
Cette problématique - centrale pour la vie des
organismes de formation et de production de matériel
- n'épuise pas la question ; elle n'est que le
versant institutionnel, en quelque sorte interne, de
la formation.
Le versant externe, c'est-à-dire celui qui concerne
les travailleurs étrangers eux-mêmes, dans
leurs contacts quotidiens ou intermittents avec les
Français, nous paraît en revanche plus
significatif, même si infiniment plus difficile
à appréhender. C'est dans cet esprit que
nous essayons de définir des possibilités
d'autocorrection en termes de reformulation face à
une situation sociale de communication, et par référence
à la vie quotidienne : travail et parcours (soit
: transports, magasins, administrations...).
|
3.3. L'EFFET DE GROUPE
Le rôle de l'animateur est
d'écouter, de proposer des reformulations linguistiques
et de prendre le moins possible la parole sur le fond. Naturellement,
comme il fait partie du groupe, même s'il y a un statut
tout à fait particulier, il ne s'interdit pas de manifester
son accord ou son désaccord, mais il évite de
profiter de sa position de maître pour faire un exposé.
Cela est cohérent avec l'effet de groupe recherché.
Les étrangers ne viennent pas au cours pour être
"animés" (si par cela on entend quelque chose
comme "remplir leur temps"), ils viennent pour apprendre
un "bon usage" de la parole, à la fois les
règles de la communication avec l'autre et le sens de
cette communication. Cela peut s'obtenir seulement si tous s'adressent
à tous, si le groupe a envie, et supporte, de s'affronter
dans ses membres, et si chacun parvient à accepter les
autres. Or les étrangers ne s'affrontent pas sur des
idées abstraites, mais sur des pratiques, à partir
d'une parole concrète. L'animateur, différent
en cela de l'enseignant traditionnel, est là pour susciter
cette parole, pour l'entendre - bien au-delà de la simple
écoute acoustique -, pour la relancer à tous les
membres du groupe, y compris luimême, de façon
que le groupe - s'il peut, s'il veut - y réponde.
Au début de chaque cycle le groupe est factice, puisque
ses membres ne se sont pas choisis, mais l'ont été
d'abord par l'entreprise ou le hasard, et ensuite par l'animateur...
et à la fin du cycle, le groupe sera encore dans une
large mesure factice : ses membres n'ont généralement
pas de projet commun à réaliser. Cela produit
une opacité des uns par rapport aux autres qui n'est
pas à regretter. C'est d'ailleurs une donnée de
la situation et une défense des individus, ce qui est
autrement important. Ils disent pendant ces 120 heures ce qu'ils
consentent à dire.
Dans ce cadre et avec ces nuances,
l'apprentissage que nous visons veut toutefois aboutir aux conditions
techniques d'une expression suffisamment "française"
pour que les ressortissants du pays de production ne puissent
pas refuser de l'entendre sous prétexte qu'elle serait
inintelligible.
Ce résultat " technique" ne peut naître
que s'il est basé pendant 120 ou 240 heures sur des relations
ouvertes où il n 'y a pas forcément un perdant
ou un gagnant, mais une parole qui circule dans le temps et
qui permet l'accès à un type de compréhension
où l'enjeu est la réciprocité. Cela malgré
les biais de la situation d'appprentissage et malgré
un groupe réuni pour une tâche qui reste individuelle
et temporaire.
3.4. LA DISCUSSION
La discussion peut être "libre"
ou soutenue par un "support", et l'initiative peut
venir tant de l'animateur. ou d'un étranger, que du groupe
en tant que tel. Naturellement, en début de cycle, les
suggestions viennent surtout de l'animateur; mais dès
que l'effet de groupe commence à jouer, c'est le groupe
lui-même qui s'organise à partir d'un "rien"
. .. toujours chargé de virtualités.
De fait les supports
- titres de journaux, consignes en cas d'incendie, imprimés,
affiches -, ou des thèmes de discussion aussi banals
que, pour un lundi : " Qu'est-ce que vous avez fait dimanche
? " sont des intermédiaires entre ce qui est l'extérieur
et ce qui est l'intérieur du cycle de formation. Ils
ne sont jamais neutres, une fois que le vécu du groupe
commence à se structurer en fonction d'une parole adressée
et reçue - plus ou moins - par tous. Si bien que même
la remarque anodine sur le dimanche, par le seul fait que l'animateur
continue : " Moi, j'ai vu tel film..." recèle
un grand nombre d'informations tant sur lui-même que sur
la vie quotidienne du pays de production et aussi sur la façon
qu'ont les étrangers de l'appréhender. Non seulement
le support n'est jamais neutre, mais il n'est jamais banal.
Dès la 40è heure,
avec ce type de relation, les sujets de discussion, les coupures
de presse, les photos ou affiches. . . sont très souvent
fournis par les étrangers ; en même temps ils posent
des questions spécifiques (qu'est-ce que ça veut
dire "tu me cherches", " prénatal"
" romantique" ?) Ce matériel a toujours priorité
sur celui de l'animateur.
Des séances où
la discussion se poursuit et s'enrichit
Nous distinguons entre séance et cours,
car ce dernier est une unité fermée sur elle-même,
où l'enseignant se demande s'il a ou non fait "
un bon cours" par rapport à ses propres critères
d'évaluation. A l'opposé, la séance n'est
qu'un jalon dans le déroulement d'autres séances
qui dépendent du contact établi entre animateur
et étrangers et du discours commun qu'ils ont réussi
à élaborer.
Dans cette perspective, le déroulement
proposé permet, par ses séquences très
brèves qui excluent le discours professoral, de vérifier
comment les étrangers réagissent aux propositions
didactiques. Ces réactions, et l'écoute de la
bande témoin à l'issue de chaque séance,
permettent à l'animateur de vérifier et de modifier
ses propres pratiques pédagogiques.
Cette façon
de faire liée aux séquences imbriquées
les unes aux autres, mais aussi à l'enchaînement
du discours bâti ensemble de séance en séance,
ne s'applique pas à la seule méthodologie de la
discussion, mais à l'ensemble des propositions didactiques
concernant la parole, la lecture et l'écriture.
SCHÉMA INDICATIF DE LA SEMAINE
|
DÉROULEMENT TYPE DES SÉANCES
A MODIFIER SELON LES GROUPES ET LES ANIMATEURS
DURÉE : 120 MINUTES (3 FOIS PAR SEMAINE)
BASE : DISCUSSION PROPOSÉE PAR L'ANIMATEUR
ET LES ETRANGERS
|
|
|
Préparation de
l'animateur chez lui
|
|
Préparation de l'animateur
chez lui
|
|
|
Phase de rappel,
Ébauche de thèmes, prise de contact,
choix d'un thème par le groupe
Discussion
sur un thème
par exemple Maison
Enregistrement de la séance
Renforcements corrections immédiats
à savoir :
phonétique (toujours)
morpho-syntaxe (selon difficultés)
Procédé didactique
(tour de table)
La discussion reprend
après chaque reformulation, renforcement, correction
(3 fois)
|
Ecoute de la bande, préparation renforcement/corrections
différés
Linguistique : préparation supports.
|
Remise en mémoire discussion
Corrections différées : développement
même thème
Renforcement corrections immédiats
ou
Support animateur,
(nouvelle discussion)
La discussion
reprend après chaque reformulation
Renforcements corrections immédiats
en faisant référence aux corrections
différées
(liaison entre le matériel du lundi et celui
du mercredi)
Procédé didactique :
tour de table
|
Écoute de la bande,
enregistrement de la reformulation en français
standard de l'intervention d'un étranger : exercices,
répétition, intonation, phonétique
|
Remise en mémoire de la discussion éventuellement
(climat du groupe) écoute des performances non-conformes
d'un étranger qui ont donné lieu à
la reformulation en français standard
Travail à partir de la bande
enregistrée par l'animateur
Discussion sur la semaine,
souligner les acquisitions, rappeler les bonnes formes
utilisées par les étrangers. Les renforcer
par de nombreux tours de table
Amorcer discussion thème suivant
par exemple les Jardins
|
|
Pour mémoire : Préparation
à l'écriture-lecture par diverses formes
de combinatoire-lecture pour un total de 30 minutes
en trois moments
|
3.5. DEROULEMENT TYPE DE LA SEANCE
Nous présentons un déroulement
type de la séance, qui est un fil conducteur et non
une obligation pour l'animateur. Il permet tant à
celui-ci qu'aux étrangers de s'appuyer sur un ordre donné,
ce qui évite l'anxiété. Ainsi on transmet
le moins mal possible à l'animateur débutant une
procédure didactique éprouvée ; celui-ci,
dès qu'il se sent assuré, n'a plus à la
suivre: il en agencera les éléments en fonction
des réactions du groupe, car chaque groupe, chaque animateur,
est unique.
Trois moments en alternance
La séance de 120 minutes
est basée, à tous les stades, sur la discussion.
La préparation à la lecture et à
l'écriture (ou la lecture et l'écriture
proprement dites) est dotée d'une certaine autonomie
(cf. chapitre 13). A un moment donné de la discussion,
on fixe un (et par la suite deux ou trois)
de ses éléments par l'écriture et la lecture,
ou leur préparation. Cette fixation revient trois fois
par séance, mais aucun moment précis ne
lui est attribué ; il n'y a pas de déroulement
horaire, mais un enchaînement de situations de communication.
Lecture ou écriture (ou leur
préparation), ne sont jamais dissociées :
ON ÉCRIT CE QUE L'ON DIT,
ON LIT CE QU'ON ÉCRIT, au moins partiellement.
La séance comporte trois
moments entrelacés :
- rappel de la séance antérieure
(remise en mémoire, corrections différées
(révisions périodiques) et renforcement des performances
conformes) ;
- discussion sur un thème (pouvant déboucher sur
lecture-écriture).
- corrections immédiates et renforcements à propos
de ce qui a été relevé pendant la discussion
du jour.
Ces trois éléments
sont amalgamés, leur ordre de présentation varie
mais chacun revient au moins trois fois. Cela permet à
l'animateur de " coller " à l'évolution
immédiate du groupe et d'imprimer un rythme soutenu aux
échanges et aux acquisitions, en reliant constamment
les formes linguistiques employées sur le moment par
les étrangers à celles qu'ils ont utilisées
la séance précédente.
Pendant les trois séances de la semaine, l'animateur
recueille et systématise ce que les étrangers
SAVENT DÉJÀ EN FRANÇAIS.
C'est à partir de la bande
témoin (cf. chapitre 7) qu'il organise le renforcement
et la reformulation. Cette pratique requiert une grande disponibilité
aux digressions des étrangers, et même qu'on sollicite
ces digressions, pour leur permettre de remodeler leur parole.
Si au stade " langue parlée
" ces alternances et imbrications sont faciles à
respecter, au stade " langue écrite et lue 1 "
l'animateur, entraîné par ses propres souvenirs
scolaires, a tendance à s'alourdir sur l'explication,
à ôter la parole aux étrangers, ou, par
exemple, à passer longtemps sur le journal. Il délaisse
ainsi un des acquis indiscutables de la linguistique appliquée
: le cadrage strict des exemples et exercices, leur brièveté
et leur relation immédiate avec l'élément
qui pose question sans digressions.
Un exemple (cf. tableau)
Soit une discussion, le lundi,
sur " la maison " (ma maison, nos maisons, rêves
et réalités, différences...) avec ses renforcements
/ corrections immédiats.
Une bonne forme syntaxique, ou une erreur de prononciation,
par exemple, sont relevées : sur-le-champ l'animateur
propose au groupe le renforcement ou la correction.
Mais, soit que la forme soit trop complexe, soit que l'animateur
ne dispose pas d'un exercice sur le moment, il faut aussi penser
à une intervention ou à un renforcement différés
; dans ce cas, l'animateur relève l'élément
et prépare chez lui son matériel pour la séance
suivante.
Le mercredi, la discussion s'approfondit, dévie
aussi, précise des éléments effleurés
: l'animateur rappelle au groupe ce que chacun a dit et propose
des corrections / renforcements différés.
Le vendredi, le thème
risque d'être épuisé : il faudra développer
l'une des digressions apparues, ex. " les jardins "
(plantations, eau, possibilité / impossibilité
d'en avoir en France…) et conclure. La conclusion, linguistique,
prendra la forme d'un " renforcement différé
" à partir des bandes des séances précédentes.
En effet l'animateur, outre qu'il note les exercices proposés
et les éléments à travailler en différé,
enregistre les discussions :
- pour retrouver le contexte qui
justifie son intervention en termes de renforcement / correction
;
- pour pouvoir reformuler, sur une
bande ad hoc (au niveau de la période ou de la
phrase, selon les possibilités du groupe), ce que l'un
ou l'autre a dit.
On écoutera cette bande,
dont le contenu appartient affectivement au groupe mais dont
la forme a été modifiée en fonction des
erreurs ; le groupe aboutira à une quasi mémorisation
(cf. chapitre 7). La bande sera retravaillée à
une, puis deux semaines d'intervalle, pour consolider les acquisitions.
Cette reformulation peut
donc être :
- essentiellement orale,
avec des exercices de préparation à la lecture-écriture
(stade " langue parlée ") ;
- essentiellement lue, avec
des exercices d'écriture (fin du stade " langue
parlée" ou début du stade " langue écrite
et lue 1 ", selon les groupes) ;
- essentiellement écrite,
selon les modalités propres au dernier palier du stade
" langue écrite et lue 1 " ou à celles
du stade suivant.
Dans tous les cas il en reste une
trace, soit sur la bande-reformulation destinée spécifiquement
à ce travail, soit dans le classeur où l'on retrouvera
le texte sous forme de manuscrit ou de polycopié dactylographié.
. .
En résumé on
a donc le schéma suivant :
- grosso modo, un thème
de discussion par semaine ;
- les discussions sont entrecoupées
de renforcements / corrections immédiats, et de
travaux dans le domaine de la lecture / écriture ;
- de même, renforcements /
corrections différés ;
- synthèse hebdomadaire par
la reformulation sur bande d'une partie des discussions ;
- rappel des acquis soit par la
bande-reformulation, soit par les révisions.
Pour l'animateur, cela entraîne
un travail de préparation important.
Il ne s'agit en aucun cas
de faire un système rigide de ce déroulement.
Ces phases, ces imbrications, sont le résultat de pratiques
pédagogiques, ce qui explique les détails de l'exposé.
La pratique proposée ici s'inspire :
- d'une constatation négative :
le professeur qui fait son cours " boucle " un argument
ou une démonstration : l'élève doit se
débrouiller pour comprendre, à l'aide de ses notes
ou de ses manuels. Cela produit les interrogations " traquenards
" et les examens : un système répressif ;
- et d'un choix positif :
l'animateur suit le cheminement et les intérêts
du groupe et contrôle les acquisitions avec sympathie.
Dans cette relation, par exemple, aller écrire au tableau
n'est pas une épreuve, mais une réussite,
car on a préparé ce travail, sans quoi l'exercice
resterait formel et vide.
Ce contrôle en sympathie est toutefois minutieux (ce qui
ne veut pas dire tatillon) car il est inutile de passer à
une chose si la précédente n'a pas été
éclaircie (ce qui ne veut pas dire acquise).
|
ÉLÉMENTS OBJECTIFS POUR NÉGOCIER
DES COMPLÉMENTS DE FORMATION
Les évaluations mensuelles
avec les étrangers permettent de retrouver, dans
un dossier, les " témoignages " de l'autocorrection
et des paliers d'acquisition ; ce dossier peut permettre
d'argumenter lors de négociations dans le cadre
de la Formation continue pour obtenir un nouveau cycle.
Partant d'un dossier de ce type, les arguments ne seront
plus de l'ordre de la " pétition de principe
" (qui sonne, caricaturalement, ainsi : " Nous
avons eu peu d'heures d'enseignement, nous en voudrions
plus "), mais ils pourront s'organiser en démonstration
: " Voilà d'où nous sommes partis,
voilà ce que nous avons appris, voilà ce
qu'il faut consolider. "
Ce dossier sera plaidé, souvent, par les Comités
d'entreprise qui n'ont que voix consultative et qui, même
dans les meilleurs cas, ne gèrent que des masses
budgétaires restreintes (ce qui aboutit souvent
à un saupoudrage de crédits de leur part
: ils ne veulent léser aucune catégorie
de travailleurs). Si bien que parfois les étrangers
doivent convaincre du bien-fondé de leur demande
tant le Comité que la Direction de l'entreprise.
Il arrive que des entreprises ne renouvellent pas le contrat
pour le stade suivant et pour les mêmes groupes,
estimant que les étrangers ont suffisamment appris.
Le seul recours est de faire valoir que l'autocorrection
à l'instigation de l'animateur n'est pas encore
la consolidation (autocorrection spontanée) en
démontrant avec les dossiers des évaluations
ce qui a été fait et ce qui reste à
faire.
|
3.6. LES INSTRUMENTS
DIDACTIQUES ET LES SUPPORTS NE SONT PAS DESTINÉS À
UN SEUL STADE
Le support, l'instrument
didactique, est un déclencheur de parole, d'affectivité,
ou encore un moule où prend forme l'agressivité
tant des étrangers que de l'animateur. Si bien qu'il
n'existe pas à proprement parler d'instruments didactiques
spécifiques à un stade et encore moins à
un palier.
Si par exemple les exercices de préparation à
['écriture sont pensés en fonction d'analphabètes,
ils peuvent être utilisés pour une révision,
même au stade " mobilité sociale " ;
il en est de même pour les éléments componibles,
qui permettent les sériations, de même pour l'analyse
de l'affiche. . .
Si donc ces instruments sont mentionnés au moment où
leur utilisation paraît la plus adaptée, ils ne
sont pas pour autant exclus de la pratique des stades suivants
ou précédents. Au contraire ils peuvent être
la base du travail, mais employés avec une didactique
différente.
Les publics se
différencient sensiblement les uns des autres (variables
dues à des facteurs d'avant la migration, à l'âge,
au temps de présence, aux conditions de travail) ; il
arrive donc souvent que des instruments didactiques et des supports
prévus pour les derniers stades soient utilisés
dès le palier 2 du stade " langue parlée
". C'est le cas de l'analyse de l'affiche ou de l'utilisation
d'un texte littéraire, tout à fait à leur
place avec des Maghrébins ayant plus de cinq ans en France
et 60 heures de formation.
|
DES DÉVELOPPEMENTS POSSIBLES
DE CE TYPE DE FORMATION
L'enseignement basé
sur la correction d'une expression la plus spontanée
possible, surprend :
- les étrangers, qui ont une image stéréotypée
de l'école ;
- les Comités et les Directions d'entreprise, car
une telle pratique tranche avec les habitudes.
Pour nous, il s'agit de laisser
la plus grande latitude d'expression possible dans ce
cadre donné : même sans manuel, le polissage
des structures de la langue représente une somme
de contraintes (psychologiques, sociologiques, politiques)
qui rejoignent les contraintes vécues quotidiennement
par les étrangers qui travaillent en France. Une
alternative est la prise de parole des adultes étrangers.
Il est possible de tirer d'autres conséquences
du fait que les étrangers sont des adultes qui
travaillent : on pourrait parvenir à cette aisance
en langue seconde en intégrant l'apprentissage
dans une manipulation réflexion d'objets techniques.
Les étrangers parleraient de ce qu'ils manipulent,
et de bien d'autres choses, apprenant ainsi, par surcroît,
à s'exprimer en français; mais cela n'est
pas réalisé pour le moment, bien qu'on en
parle beaucoup. Notre désir est de travailler en
ce sens, mais les exigences méthodologiques que
nous avons formulées ont rebuté jusqu'ici
les éventuels bailleurs de fonds.
|
3.7. IMPORTANCE RESPECTIVE DE LA PAROLE, LA
LECTURE ET L'ÉCRITURE
Pour fournir un ordre de grandeur par rapport au temps donné
respectivement à la parole, à la lecture et à
l'écriture (qu'il s'agisse pour cette dernière
de préparation ou d'écriture proprement dite)
on peut dire que :
- 4/6 de la séance sont alloués à la discussion,
- 1/6 à la lecture (y compris la manipulation de dominos
cf. chapitre 13) ;
-1/6 à l'écriture (préparation, manipulation,
écriture proprement dite).
La discussion reste toujours le choix pédagogique de
base et on lui alloue pendant le stade " langue parlée
" les 4/6 de la séance; mais bien entendu, à
partir du deuxième palier du stade " langue écrite
et lue 1 ", les proportions changent ; on aura environ
:
3/6 de discussion, 1/6 de lecture, 2/6 d'écriture (car
on a besoin de temps pour rédiger).
L'importance de la discussion reste toutefois primordiale, car
même après avoir rédigé on discutera
en groupe des contenus.
3.8. L'EVALUATION PAR LA BANDE-TEMOIN
L'animateur et le groupe disposent de deux instruments qui
rendent perceptible la dynamique du cycle et possible l'évaluation
:
- la bande témoin,
- un classeur des feuilles de lecture / écriture. (Pour
les détails de ces deux instruments cf. chapitre 5).
Il est utile d'enregistrer les séances pour revenir sur
:
le contenu,
les performances,
l'animation,
non seulement du point de vue de l'animateur, qui prépare
ainsi les séances, mais aussi du point de vue des étrangers
qui, en écoutant des bandes anciennes, mesurent le changement
intervenu dans leur façon de s'exprimer.
Dans ce cadre, la tâche d'évaluation propre aux
animateurs est de montrer aux étrangers la dynamique
des paliers d'acquisition, magnétophone à l'appui.
En réécoutant des bandes des premières
séances, on verra comment s'étagent les acquisitions.
Cette écoute des extraits significatifs des bandes se
fait habituellement chaque mois, au bout d'une vingtaine d'heures
de formation. Il convient de les choisir soigneusement et il
est souvent utile d'en fournir en même temps la transcription,
quand le groupe peut la lire.
Le classeur (où sont rangées des feuilles de lecture
/ écriture, photocopies et originaux d'articles, tracts,
les premiers essais de la préparation à l'écriture
ou encore la transcription des discussions) est également
un instrument précieux pour faire toucher du doigt aux
étrangers la dynamique de ce type de travail.
Ainsi, soit quand on écoute des extraits des bandes,
soit quand on étoffe au fur et à mesure le classeur,
on retrouve l'élément central de l'effet de groupe
: on aura la possibilité matérielle de voir comment
le groupe s'est structuré autour de sa tâche d'apprentissage
: par le canal d'une production qui lui est propre, qui le valorise
et qui se traduit en termes de communication entre intérieur
et extérieur du cycle, en termes de " vérité
" des supports.
En objectivant ainsi les séances, on permet au groupe
de devenir le producteur de sa propre chaîne de supports
toujours plus élaborés. Cela est la matière
même de l'évaluation que chacun " se "
fait.
Il s'agit, naturellement, d'une évaluation centrée
sur le groupe et son propre degré de satisfaction, mais
aussi sur l'objectivation du travail effectué. L'animateur
pour réaliser ces évaluations périodiques
doit choisir et trier le matériel, ainsi il fait en quelque
sorte un rapport, pour lui-même et pour les étrangers
: il constitue un dossier récapitulatif avec des documents
soit sonores soit écrits. Il va de soi que les documents
sonores seront prépondérants dans un cycle "
langue parIée " (mais non exclusivement, car il
y a aussi la préparation à l'écriture /
lecture). Aux stades suivants, la proportion s'inversera graduellement.
|