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La
planche, de format A4, ici présentée, se propose
à deux lectures alternatives - et simultanées.
L'une s'organise autour de la représentation, fragmentée
comme une mosaïque ou un puzzle, d'un chien immense qui
occupe la quasi-totalité de l'espace de la page : une
sorte de bull-dog qui fume le cigare tout en conversant avec
un petit personnage d'apparence humaine (Philémon) qui
semble se déplacer tout autour de lui.
L'autre
s'applique, classiquement de gauche à droite et de haut
en bas, à l'interprétation chronologique d'une
série de huit vignettes qui décrivent l'exploration,
menée par le jeune héros, de la planète
imaginaire sur laquelle il vient de se poser (à la façon
du Petit Prince).
On
note donc deux procédures énonciatives co-occurentes
et concurrentes :
L'une,
synthétique, s'organise autour du couple chien-lecteur
et semble lancer un pont entre l'univers de l'histoire et l'univers
du récit. Elle s'inscrit dans l'espace-temps de l'énonciation,
dépourvu de hors champ
L'autre,
analytique, propose un découpage du récit
qui épouse le champ de conscience du jeune héros
selon une découverte progressive de l'espace imaginaire
dans lequel il vient d'être propulsé. La temporalité
y est ponctuée par le mouvement du soleil autour de la
planète-chien. Le découpage de chacune des vignettes
ménage à chaque instant un hors champ dont l'interprétation
est soumise à la découverte du héros.
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