Le patient travail
d'Alfred Risop, repris et achevé (en 1932) par Alfons
Hilka, a permis à ce dernier d'établir une transcription
intégrale, commentée et raisonnée, du manuscrit
du Roman de Florimont (1188) d'Aymon de Varennes, conservé
à la Bibliothèque nationale de France (fonds français)
et répertorié sous la cote fr.15101.
Ce manuscrit, dont les deux savants allemands datent la copie
du 13ème siècle, est, selon leur avis, le plus
proche de l'original, parmi la douzaine de parchemins qui nous
sont parvenus et qu'ils ont analysés et confrontés.
Annotée et commentée, à partir d'une étude
attentive des autres versions disponibles du récit, cette
transcription, a été éditée en 1932
à Göttingen par Alfons Hilka, en hommage à
son prédécesseur. C'est cette version (la seule
qui ait, jusqu'à présent, donné lieu à
une analyse critique et raisonnée exhaustive) que nous
avons choisie pour réaliser une traduction en français
moderne du récit d'Aymon de Varennes désespérément
absent, depuis toujours, du catalogue des imprimés de
la littérature française.
Nous empruntons
ci-dessous à la préface de Alfons Hilka (op.
cit.) la description bibliographique (mise à jour)
des manuscrits de référence qui subsistent du
Roman de Florimont :
" Le roman
d'aventure Florimont d'Aymon de Varennes nous est connu
à travers les manuscrits suivants :
1. A = Paris, Bibliothèque
nationale de France, fr.353 (anc. 6973), f. 1-42. Parchemin
du 14è.s. Page de deux colonnes de 80 lignes.
2. B = Paris, Bibliothèque
nationale de France, fr. 792 (anc. 7190), f. 3-50. Parchemin
du 13è.s. Page de trois colonnes de 48 lignes.
3. C = Paris, Bibliothèque
nationale de France, fr. 1374 (anc. 7498), f. 173-182. Parchemin
du début 13è.s. Page de deux colonnes de 44 lignes.
Manquent 1019-1187, 1695-1868, fin : 2042.
4. D = Paris, Bibliothèque
nationale de France fr. 1376 (anc. 7498) f. 1-93. Parchemin
du 13è s. Page deux colonnes de 33 lignes.
5. E. = Paris, Bibliothèque
nationale de France, fr.1491 (anc. 7559) f. 1-86. Parchemin
du 14è. s. Page de 2 colonnes de 40 lignes.
6. F = Paris, Bibliothèque
nationale de France, fr. 15101 (anc. 413), f. 2-119. Parchemin
du 13è. s. Page de 2 colonnes de 30 lignes.
On
distingue deux versions F1 et F2. Il manque les huit premières
pages et la dernière page de F1, sauf les pages 4 et
8. Les neuf pages présentes furent copiées ultérieurement
(F2) par un autre copiste, selon Risop, qui mentionne plus tard
dans son journal : " Lors de mon étude du manuscrit,
en 1879, que j'avais dû interrompre de façon soudaine,
il m'avait échappé que les feuillets 4 et 8, dont
l'écriture est plus ancienne et l'état de conservation
médiocre, étaient restés insérés
dans le cahier, au même titre que les folios numéros
1 à 120, si bien qu'on retrouve le texte de référence
deux fois dans le manuscrit." [...]
7. G = Paris, Bibliothèque
nationale de France, fr. 24376 (anc.2706), f. 1-78. Parchemin
du 14è s. Page de 2 colonnes de 44 à 46 lignes.
8. H = Londres,
British Museum, Harley, 4487, f. 3-86. Parchemin copié
en 1295. Page de 2 colonnes de 37 lignes. Manquent 1183-2370,
8005-8152.
9. H2 = Londres,
British Museum, Harley, 3983 f. 1-82. Parchemin copié
en 1323. Page de 2 colonnes de 40 lignes. Manquent 5487-5610.
10. I = Venezia,
Biblioteca Nazionale Marciana, fondo antico 22, f. 1-102. Parchemin
du 14è. S. Page de 2 colonnes de 24 lignes.
11. K = Torino,
Biblioteca Nazionale universitaria, L. II. 16, f. 1-90. Parchemin
du 14è. Page de 2 colonnes de 38-39 lignes.
12. L = Monza, Biblioteca
capitolare, 6. 21. 137, f. 1-78. Parchemin de la première
moitié du 14è s.
13. M = Montpellier,
Bibliothèque universitaire, H. 252, f. 18-61. Parchemin
du 13è. s. Page de 2 colonnes de 46 lignes ; début
: v. 161 ; fin : vers 11034.
14. T = Tours, Bibliothèque
municipale, 941, f. 1-89. Parchemin du 13è. s. Page de
2 colonnes de 38 lignes.
Il est apparu évident à A. Risop que la version
F se prêtait particulièrement bien à un
travail d'édition. Nous avons faite nôtre sa conviction
à ce sujet. Nous avons pu par bonheur la contrôler,
grâce au texte témoin H. Le lecteur et le critique
doivent penser que j'ai eu à cur, avant toute chose,
de rendre accessible après tant d'années
de patience et de frustration à ceux qu'il concerne,
un texte si important, du point de vue littéraire et
philologique et ce, au risque d'avoir omis quelques impropriétés...
" A. H. (Traduction : J.-P. D.)
Il a été
reproché, à juste titre, à Alfons Hilka,
ses commentaires et suppositions erronés quant aux origines
d'Aymon de Varennes et au lieu où il a rédigé
son Roman de Florimont. Pierre Gardette [1] en a rétabli
la vérité sans que cette mise au point retire
rien à l'immense mérite du travail réalisé
par les deux philologues allemands. J.-P. D.
Note 1: cf. Gardette
( Pierre), " Aimon de Varennes, lyonnais ", in Romania,
77, 1956, pp. 506-510.