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1.
Biographie. Votre exposé doit présenter
une courte biographie du documentariste réalisateur
du film choisi. Vous mettrez en particulier en évidence
la place qu'il occupe et le rôle qu'il joue dans le
"mouvement des idées" et l'histoire du cinéma.
2.
Extrait. Choisissez un extrait significatif d'une dizaine
de minutes qui sera visionné en première partie
de votre exposé.
3.
Analyse. L'exposé doit ensuite mettre en évidence
1) ce qui relève du contenu documentaire, informatif,
du film (autrement dit la thématique du film), 2) les
marques de la subjectivité du narrateur (autrement
dit rendre compte des procédés expressifs ou
rhétoriques utilisés par le réalisateur).
Ces procédés s'appliquent à la morphologie
de l'image (voir infra), à la syntaxe
du montage, à l'organisation
du récit, au traitement des effets d'illustration
entre le son
et l'image, etc.
4.
Commentaire. Vous devez ensuite proposer une interprétation
synthétique de l'extrait visionné qui évalue
la légitimité et l'efficacité des procédures
énonciatives utilisées au regard de l'objectif
manifeste ou implicite du projet documentaire.
5.
Fiche. Vous rédigerez enfin un plan détaillé
de votre exposé que vous m'adresserez par courrier
électronique.
Exemple
: L'homme à la caméra de Dziga Vertov
(1929)
1.
L'auteur
Dziga
Vertov est le pseudonyme de Denis Kaufmann, cinéaste
russe. Né en 1896, il s'enthousiasme pour le mouvement
futuriste puis pour la révolution bolchevique à
laquelle il participe activement. Il crée et dirige
la Kino Pravda, supplément d'actualités filmées
du journal soviétique avec ses camarades les Kinoks
puis il participe à la campagne d'agit-prop du train
Lénine lors de la guerre civile.
Il
produit nombre de documentaires révolutionnaires de
propagande avant de réaliser en 1929 son chef d'oeuvre
L'homme à la caméra, chronique d'une
journée de la vie d'une grande métropole, tourné
à Moscou et Léningrad.
Vertov développe dans son cinéma l'esthétique
du Kino Glaz ou cinéma-oeil. Il prétend
saisir la vie à l'improviste refusant tout effet de
mise en scène ou d'artifices de théâtre.
Il leur substitue le cadrage, le montage et le trucage comme
supports privilégiés de l'expressivité.
Effets spéciaux, surimpressions, ralentis, accélérés,
déformations diverses, montage métaphorique
dit montage des attractions (effet Koulechov) sont caractéristiques
d'une école documentaire dont la vocation affichée
est de propagande révolutionnaire. Vertov est, à
côté de Flaherty, l'un des deux piliers historiques
du cinéma documentaire.
2.
Le film
L'homme
à la caméra est la chronique des activités
d'une grande métropole russe au début du vingtième
siècle. Il a été tourné à
Moscou et à Saint-Pétersbourg (Léningrad).
Ode lyrique à la gloire de la machine et de la foule
laborieuse, de la vitesse et du mouvement, ce film expose
de façon systématique la photographie et le
montage comme métaphores du vivant.
3.
L'extrait (1-13 mn)
Après
un prologue qui propose une réflexion en image sur
le spectacle cinématographique comme métaphore
de la création du monde urbain et industriel, les premières
minutes du film évoquent l'éveil de la grande
ville à travers le sommeil agité d'une monteuse.
Le
prologue est une bonne illustration de la façon dont
on peut faire prendre en charge des notions abstraites par
des images concrètes, figuratives à vocation
descriptive. C'est ainsi que le repos est évoqué
par une accumulation de mécaniques figées (boulier,
ascenseur, clavier de machine, téléphone, moteur,
engrenage, bielle, roue, etc.) dont l'immobilité fragile
anticipe la mise en mouvement. Les instruments de l'orchestre
eux-mêmes sont saisis au moment où l'interprète
retient son souffle avant le geste du chef.
L'éveil
de la ville est semblable à la création du monde
dont la métaphore est évoquée par l'activation
d'un arc électrique. Le montage enchaîne ensuite
les images selon une logique onirique déroutante pour
un spectateur actuel habitué au respect des conventions
réalistes de l'espace ou de l'action. Le rêve
de la jeune femme organise à sa façon décousue
le montage des plans et le cadrage des images.
L'éveil
est la métaphore du passage de la nuit au jour, du
rêve à la réalité, de l'obscurité
à la lumière, du silence au bruit, de l'immobilité
au mouvement, de la solitude à la foule, du sommeil
à la conscience, de la pauvreté à la
richesse et sans doute de l'aliénation à la
libération, le tout étant rapporté à
l'objectif tout puissant de la caméra qui redouble
lui-même l'oeil de l'opérateur ou celui de la
monteuse.
4.
Commentaire
Malgré
son mépris proclamé du téâtre et
de ses artifices, Vertov se montre fasciné par la scène,
le rideau, la salle et le public... A vrai dire la cinéma
est l'héritier ou l'avatar prolétaire du théâtre
"bourgeois". Et si ses artifices sont différents
ils n'en sont ni moins efficaces, ni moins mensongers.
Le couple que forment l'opérateur et la monteuse prend
en charge le découpage et le montage du réel.
L'homme parcourt l'espace à la recherche d'images qu'il
cadre et découpe à l'intention de la jeune femme
dont le rôle statique est de donner corps aux morceaux
éclatés de la réalité.
Par-delà
le propos descriptif et l'ode à la modernité,
se développe une variation symphonique sur le thème
de la genèse qui expose avec brio les ressources de
l'image cinématographique. Ce poème foisonnant
anticipe par bien des aspects la liberté toute neuve
que nous offre l'image numérique, ce qui n'est pas
un petit paradoxe...
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